lundi 6 avril 2015

Le végétarisme... et les autres!

Quand j'ai commencé, j'étais la seule végétarienne de tout mon réseau social de la vraie vie.

Oui, je dis "de la vraie vie", car évidemment, en se rendant sur différents groupes de réseaux sociaux, on finit par se sentir moins seul et heureusement qu'ils sont là.

Il n'y a personne que je connaisse, à des centaines de kilomètres à la ronde, qui soit ne serait-ce que flexitarien.
Alors végétarien ou végétalien, on en est loin. Très loin.

Depuis quelques mois pourtant, ma meilleure amie est devenue végétarienne.
Ca a été vraiment cool pour moi!
Enfin quelqu'un avec qui je peux parler de ça, avec ma voix et mes cordes vocales, pas du bout des doigts!
Ma meilleure amie a néammoins le gros défaut d'habiter à plus de 800 km de chez moi, donc pour se faire des dégustations, on repassera.

Bref.

Aucun végé autour de moi à des centaines de kilomètres à la ronde, donc.

Et vous savez quoi?
Je le vis bien.
Ou plutôt que j'efforce de ne pas le vivre mal.

Voici comment:

L'annonce

Il y a plusieurs façons d'annoncer son changement de régime alimentaire.
Certains font carrément leur coming-out avec statut Facebook argumenté etc...
Moi non, je n'ai pas fait d'annonce collective.
Je l'ai appris à mon entourage (famille, amis, collègues), au fur et à mesure que j'ai été confrontée au fait de manger avec eux.
Et encore, j'ai mangé avec des personnes sans leur dire au début.
Je ne l'ai dit que lorsqu'elles m'ont posé des questions.
"Tu ne prends pas de rôti de porc?"
"Non, j'ai arrêté de manger de la viande. Et du poisson."

Voilà, simple et efficace.
Du coup, cela s'est étalé sur plusieurs mois.

Les réactions

Je n'échappe pas à la règle, j'ai eu droit à toutes sortes de réactions de la part de mon entourage.
Je peux quand-même les grouper en 2 catégories:
  • L'inquiétude: "Tu vas manquer de protéines", "tu vas manquer de fer", "tu vas être fatiguée", "tu vas maigrir", "tu vas tomber malade", etc... Ca, c'était plutôt de la part de la famille.
  • L'ironie: ou comment passer pour une Brigitte Bardot en herbe, sans oublier le cri de la carotte.
  • Evidemment il y a aussi eu: "Moi je pourrais pas, j'aime trop la viande", et autres réactions classées "divers".

Comment j'ai réagi à tout ça:
  • Je n'ai jamais prêché ni cherché à convaincre. C'est une position personnelle, je sais que d'autres se sentent le devoir de convertir les autres, moi non. J'ai lu et gardé quelques arguments sous le coude de façon à pouvoir répondre rapidement et en plein dans le mille. Pas d'enflammade, pas de dispute, juste quelques arguments.

  • J'ai répondu à leurs questions une par une, sans me lancer dans des tirades scientifiques de 17 minutes. J'ai très souvent répondu "On verra bien". Comme quand on m'a prédit que j'allais tomber malade. Quelle jubilation d'avoir traversé l'hiver en pleine forme au milieu d'omnivores grippés et gastroïsés... Je ne manque pas une occasion de soulever cela d'ailleurs, pas sur un ton de revanche ou de reproche, non, juste sur le ton de l'information: "Ah oui c'est vrai dis donc, qu'est-ce qu'il y a eu comme maladies cet hiver, une vraie hécatombe, moi depuis que je suis végé, je n'ai pas revu mon médecin!"

  • Je n'ai jamais culpabilisé personne. Je parle de moi, pas d'eux.

  • J'ai bien essayé de prodiguer quelques conseils de bon sens, comme a ma mere qui fait de l'ostéoporose et qui a grossi, à qui j'ai conseillé de diminuer la viande ainsi qe ses orgies de fromages. Mais c'est tombé dans l'oreille d'un sourd. Tant pis. J'ai dit ce que j'avais à dire, je ne suis pas responsable des choix des autres.

  • Je suis restée d'une zenitude absolue devant toutes sortes de réflexions. Certaines personnes jubilent d'énerver les autres ou de les voir perdre leurs moyens. Certaines cherchent la contradiction à tout prix. Je ne me bats pas. Au pire je clos la conversation d'un "Tu sais j'ai pas d'action chez Sojasun, tu peux bien manger ce que tu veux."

  • J'ai décidé que pour moi le végéta*isme n'était pas une question de pureté du corps, mais bien une question éthique et pragmatique. Aussi je m'en fous comme de ma premiere chemise de manger des légumes à couscous qui viennent d'un plat où tu poulet a trempouillé. Je ne mange pas de poulet, cet animal n'a pas été tué pour moi, j'aime le gout du poulet donc s'il y en a sur mes légumes ca ne me dérange pas. Je n'achete pas de poulet, mon argent ne sert pas à financer l'élevage de ces pauvres bestioles, je n'ai rien a me reprocher. Là encore, je sais que la plupart des végé ne partagent pas mon avis.

  • J'ai aussi décidé que ça n'aurait aucune incidence sur ma vie sociale. Je n'ai jamais refusé ni un resto, ni une invitation. Sur place, je me débrouille, soit on a prévu quelque chose pour moi et c'est bien, soit je fais sans et je me dis que je mangerai mieux le repas d'après. Il y a bien eu au début un épisode merveilleux où j'ai passé une semaine chez ma mère, qui pensait que j'allais quand-même manger de la viande chez elle "par politesse". Et qui voyant que ça n'était pas le cas, n'a absolument rien prévu pour moi au fil des jours. Je me suis alors contentée de manger des haricots verts et du pain à chaque repas, quasiment.

  • J'ai fait confiance au temps, sans me presser et sans m'énerver. A ceux qui pensaient que c'était encore une nouvelle lubie de ma part, j'ai laissé le bénéfice du doute sans insister, le temps leur prouverait. Ca a été le cas. Aujourd'hui, au bout de 7 mois, plus personne ne remet en cause ni n'interroge mon végétarisme.

  • J'ai acquis la certitude que quand on a confiance en soi et qu'on est bien dans ses baskets, on n'a pas besoin d'en fouttre plein la tronche aux autres.

  • Je me dis que si on avait cherché à me convaincre ou à me faire changer il y a même juste un an, ça aurait été peine perdue. Je ne considère pas les omnivores comme des sous-hommes, il y a encore quelques mois, j'étais comme eux.

  • J'ai décidé que je ne m'engueulerais avec personne de mon entourage à ce sujet. Oui, même les cons! Même les gens mal renseignés, de mauvaise foi, qui tout à coup se découvrent médecins, nutritionnistes et expert en agro-alimentaire. Oui, même eux.
*   *   *
 
Je ne vous raconte pas tout ça pour vous dire que c'est ça qu'il faut faire absolument.
Chacun fait bien comme il peut, avec son caractère et son entourage.
Ma réaction me ressemble.
Je me sens suffisamment convaincue pour ne pas en faire des caisses, et les réflexions des autres ne me déstabilisent pas.
Quand je vois le nombre de personnes qui se pourissent la vie avec les réactions de leur entourage, je trouve ça dommage.
J'ai envie de leur dire: "Keep cool, et vous serez bien acceptés!"

14 commentaires:

  1. Bonsoir

    Avez vous des sites a me conseiller pour débuter sereinement dans le végétarisme. ? Merci beaucoup et bravo pour votre blog !

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    1. Bonjour,
      A vrai dire je n'ai jamais beaucoup consulté de site, si ce n'est l'association des végétariens de France.
      Je me suis beaucoup appuyée sur des groupes Facebook.
      Souvent ces groupes ont une "banque de données" avec des articles intéressants.

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  2. des p'tits noms de groupes facebook ? :)

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  3. Alors il y a "végétarien, végétalien, tous vers l'abolition", "graine de végé" et "végétar-liens" Il y en a surement d'autres mais je ne les connais pas tous!
    Il y a également le groupe public "Vive la B12", pour comprendre l'importance de la supplémentation en vitamine B12!

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  4. merci beaucoup !

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  5. J'ai ri j'avoue pour le coup de ta maman qui ostensiblement a continué de ne rien te proposer ! hum. ce n'est pas très charitable de ma part, d'autant que maintenant, là, je ferais pareil que toi mais pendant longtemps j'aurais cédé à la politesse (enfin, à la faim. je suis exécrable quand je ne peux pas manger à ma faim !! quoiquoi c'est pas une bonne excuse???)

    Tiens j'ai pensé à toi.......
    ....ce midi, j'ai fait une salade à tout :) et c'était très bon (OK je sors :p)

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  6. je me reconnais tellement dans ce qui est écrit!!!
    végé depuis 3ans, j'impose rien à personne, et surtout pas à "ma tribu" (mon mari et mes 3filles) chacun fait son chemin comme il l'entend :)

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  7. Je pense que beaucoup de personnes ont une véritable prise de conscience au moment de leur changement d'alimentation, prise de conscience qui amène au raisonnement suivant: "C'est tellement évident, pourquoi les autres ne le voient-ils pas???" C'est ça qui pousse au prosélytisme. Pour ma part, je suis depuis de nombreuses années consciente que je n'ai plus les mêmes préoccupations, globalement, que mes congénères, le changement d'alimentation n'en est qu'une de plus. J'essaye de peser le pour et le contre d'une manière plus globale, et pour l'instant, là où j'en suis, c'est préserver ma relation aux autres qui est le plus important pour moi. Sans renoncer à mes convictions. Et pour l'instant ça fonctionne!

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  8. j'ai toujours plaisir à me promener sur des blogs comme le tien, je m'y suis retrouvée après un passage chez Sonia.
    Je suis végé depuis un peu plus de 2 ans, comme toi je ne cherche à convertir personne, mais je me rends compte que certaines personnes attendent que je change d'avis, ce en quoi elles ont tort.

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    1. Bienvenue alors!
      Au bout de 2 ans, il serait temps qu'elles s'y fassent^^

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  9. Comment as-tu fait les premières fois où tu étais invitée chez des gens pour des repas "en petit comité" genre juste toi et ton mari comme invités. Tu leur dis au moment où ils t'invitent à manger ou tu ne dis rien et une fois chez eux tu ne prend que ce qui est sans viande/poisson? J'avoue que l'un ou l'autre ça m'embête et pour l'instant je n'y arrive pas. Peur de faire chier si je le dis tout de suite, la cuisinière va paniquer pour savoir quoi faire, surtout en gnl, les gens veulent recevoir et faire leur plat fétiche qu'ils réussissent super bien.... Dans l'autre cas non plus car je vois la déception de la cuisinière qui a passé du temps pour faire plaisir... pour que son plat ne soit pas mangé par 50% des invités.
    Bon ok je sais que la meilleure solution est de prévenir tout de suite... désolée de mon commentaire question/réponse mais j'aimerais connaitre ton expérience car ça je n'y arrive pas.
    Un repas avec un groupe de copains ne me pose pas de problème car perdue dans la foule, soit je passe inaperçue à ne pas prendre de viande soit si seulement moi ne veut pas toucher au plat, ce n'est pas grave, ça n'a pas été cuisiné pour MOI mais pour tout le monde si tu vois ce que je veux dire.
    Merci d'avance!!
    Sev

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  10. Bien que la question ne me soit pas adressée, voici mon expérience.
    Je suis végé depuis 4 ans, j'ai prévenu les gens chez qui on est invités habituellement. Pas de souci avec certains, seul un couple ne nous invite plus à manger, mais on se voit autrement, ou on mange au resto. Pas de rancune, c'est juste notre façon de vivre, il faut savoir accepter qu'il y ait des différences entre les gens. N'ayant pas non plus une foule d'amis il n'y a pas de problème en ce qui concerne les personnes que nous fréquentons. On a le droit de manger ce qu'on veut et les autres également ont le droit de manger ce qu'ils veulent.

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    1. Merci Marie de ta réponse. Tu as raison, il faut que je me pose moins de questions et que j'arrête d'avoir toujours peur de déranger: chacun devrait pouvoir manger ce qu'il veut ;-)
      sev

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