samedi 30 mai 2015

Ou comment le Puy du Fou a tueR ma véganitude...

Comme beaucoup de gens, nous avons voulu profiter des ponts du mois de mai pour nous faire un petit week-end.
C'est ainsi qu'on s'est fait un week-end Puy du Fou - ville de Clisson à la Pentecôte.
Et que la visite au Puy du Fou m'a laissé un goût... amer...

Tout a commencé le vendredi d'avant, quand l'Homme, sortant de sa torpeur, réalise qu'on est parti pour un week-end de 3 jours.
Si on allait quelque part?
Bah oui, tiens, si on allait quelque part?
Mais où?
On pourrait aller au Puy du Fou, l'héritier ayant vu une pub à la télé et ayant manifesté l'envie d'y aller.

Petite recherche vite fait sur le net, tel à une chambre d'hôtes, réservation et go, nous voilà partis.

Je vous dis ça, la manière dont ça s'est fait, parce que le fait d'avoir décidé ça "à l'arrache" a fait que je n'ai pas du tout réfléchi aux conséquences de ce choix, conséquences qui me sont apparues de plein fouet sur place.

Nous voilà donc au Puy du Fou le dimanche de Pentecôte avec quelques milliers de nos congénères.
Il y avait tellement de monde que nous n'avons pu voir que quelques spectacles, et nous nous sommes sentis oppressés et fatigués: les parcs d'attractions, c'est vraiment de moins en moins notre truc...

Malgré tout nous étions d'humeur radieuse et bien décidés à en profiter.

Sauf que pour moi, non, quand je vois ça, vraiment je peux pas:

 
 

 
 
Des animaux exploités, des animaux exploités, et encore des animaux exploités!
Je ne voyais que ça!
Au moment où les 6 lionnes se sont alignées bien sagement, je n'ai pu retenir une exclamation horrifiée. Mais comment ils ont fait pour dresser ces animaux? qu'est-ce qu'ils ont dû leur faire pour les rendre si obéissants?
Même mon mari, qui n'est pas du tout branché sur le véganisme, s'est fendu d'un: "C'est triste quand-même".

La cerise sur le gâteau au eu lieu à notre départ du parc.
Alors que nous venions juste de partir, nous avons croisé sur le bas-côté un magnifique et imposant vautour à tête blanche. Du genre de ceux qu'on s'attend éventuellement à rencontrer en escaladant les Pyrénées, mais pas sur le bas-côté d'une route de Vendée.
Il était posé là, juste au bord de la route, et il avait l'air complètement perdu.
Nous nous sommes arrêtés, prêts à appeler le parc, mais une voiture nous avait devancé. C'était une personne qui travaillait au parc et qui appelait déjà.
Quelle tristesse...

Heureusement, la suite du week-end fut plus gaie.
Nous nous sommes arrêtés en chemin à Clisson, où nous avons visité le magnifique château médiéval et où nous nous sommes promenés sur les bords de la Sèvre:

 
 
Je suis ressortie de ce week-end pleine de sentiments contradictoires.
J'avais déjà eu l'occasion d'aller au Puy du Fou il y a quelques années, et j'en avais gardé un très bon souvenir: la qualité des acteurs, les costumes magnifiques, les décors impressionnants, les spectacles époustouflants.
J'avais oublié, purement et simplement, les animaux.
Je pense que je ne les avais même pas vus en fait, pour moi, à l'époque, ils faisaient partie du décors.
 
J'ai vraiment compris ce week-end là, que le véganisme était en marche pour moi.
Je n'aime pas spécialement les animaux, je l'ai déjà dit.
Mais j'aime la vie, et je souhaite l'abolition de toute exploitation animale comme humaine.
Sans y avoir vraiment réfléchi, instinctivement, je ressens cela maintenant.
 
Ca a commencé par la nourriture, végétarienne, puis végétalienne, puis par la simplification de mes produits d'hygiène et mes cosmétiques, commencée avant déjà, et l'importance qu'ils ne soient pas testés sur les animaux.
Ca a continué par le dégout de porter du cuir ou de la laine.
Et ça continue encore, par la prise de conscience de l'exploitation sous ses milliers de formes.
 
Et en même temps, tout cela me bouscule beaucoup, car j'ai l'impression de m'éloigner encore plus de mes congénères.
De ne plus avoir du tout les mêmes préoccupations.
Au milieu de cette foule, au Puy du Fou, je me suis demandée: "Qui ici pense aux animaux à part moi?"
J'ai eu une envie, furtive, de ne pas ressentir ça. D'être "comme tout le monde", de "profiter" de ce moment en famille, d'arriver à trouver ça beau.
Une petite voix exaspérée, culpabilisante, même, me criait: "Mais tu peux pas arrêter tes neurones de fonctionner 2 secondes et juste profiter de ce moment avec ton mari et ton fils???"
 
Mais je crois que le véganisme est en train de s'imposer à moi.
Je ne l'ai pas choisi, je n'ai pas suivi une mode. Des fois j'aimerais fermer les yeux au lieu de les avoir constamment grand ouverts.
Mais je sais qu'il n'y a aucun retour en arrière possible...

12 commentaires:

  1. Merci pour tes mots. Les même résonnent dans ma tête depuis des mois, des années. Avant, comme toi, je crois que je ne faisais pas attention, je consommais ce qu'on me donnais et m'extasiais devant tout. Maintenant c'est plus dur...

    Je vais partager ton article sur ma page FB du coup... Merci encore pour tes mots et tes pensées au milieu de ce spectacle. Au moins maintenant tu es prévenue de ce que le Puy du fou (et autres parcs d'attractions) peux offrir et tu pourras mieux choisir tes weekend du coup ;)

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  2. Je te rejoins dans la sensation de "ne pas être comme tout le monde".
    C'est déstabilisant quand on voit les autres réagir tellement à l'opposé de ce qu'on pense maintenant. Comme toi, avant je ne faisais pas vraiment attention, maintenant je ne peux m'en empêcher et on ne me comprend pas quand je dis ce que je ressens.

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  3. Je me retrouve complètement dans tes dernières phrases !
    Je n'ai pas choisi de devenir vegan, ça s'est imposé à moi le jour où j'ai réellement ouvert les yeux.
    Depuis impossible de les refermer même si parfois ça pique....

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  4. comme je te comprend!
    grosse prise de conscience pour moi l'année dernière lors de la visite de Marineland, on était en vacances pas loin et c'était un moyen pour mes filles de voir "de près" des animaux marins
    depuis certaines images me hantes.....
    les animaux, quels qu'ils soient, n'ont rien a faire dans les parcs d’attractions, zoo ou autres cirques :(

    une fois qu'on sait.... on a du mal à fermer les yeux sur ce qui se passe!

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  5. Hello !!!
    Je ne suis pas rendue aussi loin que toi sur ce chemin mais ce que tu (d)écris m'a fait pensé à ma visite d'hier dans une chèvrerie lors d'une sortie scolaire... ça m'a donné l'envie d'en parler moi aussi...
    dur dur de fermer les yeux... :/

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  6. Je ne suis ni vegan ni végétarienne... mais je n'ai jamais supporter les zoos... j'y suis allée en mai avec ma soeur et ses enfants pour passer un moment avec eux, mais dans ma tête je n'étais pas là à 100%...et je me demandais ce que les animaux vivaient!

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  7. Je n'ai jamais aimé non + les zoos et autres cirques, même bien avant d'avoir la moindre préoccupation végane!

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  8. De même, je suis toujours très mal à l'aise lorsque c'est le tour des éléphants au cirque (même si je ne vais jamais au cirque, je regarde juste Monte Carlo à la télé ^^ )
    Les pauvres bêtes !
    Autant j'avoue que ce que tu appelles l'exploitation des animaux du type mouton, chèvre ou poule ne me dérange pas lorsque cela se fait dans des exploitations à taille humaine, où les animaux sont traités convenablement (je ne vois pas de mal à manger les oeufs que pondent les poules de mes parents par exemple), autant voir des animaux sauvage (à la base) à des milliers de km de leur milieu naturel pour le bon plaisir des spectateur me révolte !

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    1. Je pense que c'est une 1ere étape, je ne sais pas si tu connais le concept de spécisme, mais c'est ce dont tu parles: pourquoi être affecté par le sort d'un certain type d'animaux (les animaux sauvages) et pas d'autres (les animaux d'élevage)?
      Dans les 2 cas ce sont des animaux, des êtres vivants qui veulent vivre et subir le moins de souffrance possible. Comme nous.

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  9. Merci !!! Je ne suis pas la seule à avoir été choquée par le Puy du Fou ça me rassure !!! :) PLUS JAMAIS pour moi...

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  10. Pour moi, c'est la même démarche. Jétais allée au Puy du Fou, il y a très longtemps et même déjà végétarienne à l'époque, je ne m'étais pas questionnée au sujet des animaux. Juste maintenant, l'idée d'y emmener mon petit fils m'a amenée à regarder le site et là je suis triste et choquée de l'exploitation animalière. Oui, que doit-on faire à ces lions, loups, tigres etc pour qu'ils se comportent docilement? La foule est aveugle et manque d'empathie. La seule bonne nouvelle est de voir la prise de conscience qui est en train de se faire depuis un certain temps, en France et lentement dans le monde.Un jour, les humains verront l'exploitation de animaux comme on voit à présent l'esclavage et on sera choqué même de l'industrie laitière qui cause tant de souffrance.

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