mercredi 15 juillet 2015

Il était une fois un petit zèbre...

Note pour les non-initiés: "zèbre" est un terme utilisé pour qualifier les enfants précoces, aussi appelés EIP (Enfants Intellectuellement Précoces), ou HP (Haut Potentiel).

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Il était une fois un petit zèbre qui décida de naître dans une famille lambda.

Dès sa naissance, le petit zèbre ne laissa personne indifférent. Il avait un regard particulier qui "captait" son entourage.
Malgré son arrivée fracassante (il n'avait pas pris le temps de laisser ses parents se préparer à son arrivée, déjà pressé d'explorer le vaste monde), il sut dès le premier instant se faire aimer de son entourage.

Le petit zèbre pleurait beaucoup et dormait mal.
Aussi prit-il une place extrêmement prédominante dans la vie de ses parents, balayant tout sur son passage.

Ce petit zèbre passa à peine par la case "bébé". Très tôt, il parla très bien, avec des phrases construites et un vocabulaire très précis.

La curiosité du petit zèbre était insatiable.

Il eut du mal à trouver sa place à l'école. Malgré de très grandes capacités, il était comme sur-stimulé par toutes ses relations aux autres.
En début de CP, et sur conseil de l'institutrice de grande section, le petit zèbre fut "testé".
Sa zébritude fut attestée au grand étonnement de... personne en fait.

Le petit zèbre est un enfant qui réclame beaucoup d'attention, ce qui est souvent difficile à comprendre pour les instits. En même temps, Dieu merci, ils n'ont pas 30 zèbres dans une classe.
Même au sein de la famille, un seul zèbre suffit largement, ils prennent tellement de place!

Un petit zèbre n'est pas un Einstein en culotte courte.
Sa particularité n'est pas seulement d'avoir des capacités intellectuelles hors de commun, cela serait beaucoup trop simple!
Un petit zèbre a une manière de percevoir le monde différente des autres personnes.
Il a des réflexions qui vous remuent, qui vous déroutent.
Les parents des petits zèbres aimeraient parfois que leur progéniture puisse perdre quelques rayures afin de s'intégrer plus facilement au monde qui les entoure.
Pour l'entourage (scolaire ou personnel), les rayures peuvent être perçues comme au choix: une mauvaise éducation, des troubles du comportement quelconques, le syndrôme de l'enfant roi, de l'insolence, des caprices...
Mais en réalité, le petit zèbre a juste besoin de comprendre à sa manière tout ce qui vient de l'extérieur. Et quand on dit "comprendre", cela signifie s'approprier, assimiler tous les tenants et les aboutissants, maîtriser parfaitement.
Il est souvent anxieux, insécurisé, et a besoin d'être beaucoup rassuré.
Cela est très fatigant pour les petits zèbres et pour les personnes qui l'entourent.

Pour peu qu'on prenne le temps de l'observer et de se mettre à sa portée, le petit zèbre apprend à ses parents à être parents d'un petit zèbre.
Il leur apprend qu'il ne sert à rien de vouloir le couler dans un moule, ça ne marchera pas.
Il leur voue un amour inconditionnel et attend le même en retour.
Il leur apprend ce qu'est la différence, et qu'on doit toujours s'adapter à l'enfant, que l'éducation n'est pas un modèle prédéfini à plaquer sur lui.
Il oblige ses parents à se questionner en permanence sur leurs positions, leurs choix éducatifs.
Il attend d'eux qu'ils tiennent la barre, tout en restant à l'écoute de ses besoins.

Etre parent d'un petit zèbre est fatigant, mais tellement enrichissant!

4 commentaires:

  1. Je reconnais dans cet article quelques pans de mon enfance personnelle et celle du fils d'une amie !! Ton article est superbement écrit et je me permets de le partager auprès de mes contacts Facebook concernés ou pouvant l'être (parents, instits etc...) Merci

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    1. Bien sûr, partage, pas de soucis!
      Merci pour ton commentaire. J'ai longtemps hésité à aborder ce sujet... et puis j'en ai eu envie donc voilà!

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  2. bravo pour cet article si joliement écrit..ce petit zèbre est tellement attachant!!
    Dominique

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